Ce n'est ni les fissures de la pierre calcaire
où les lézards gardent leur secret empire
et grimpent, toujours vibrants, à l'écorce du caroubier
ce n'est ni cette terre fatiguée, de champs abandonnés
où le genévrier embrasse le lourd figuier
où les amandiers éthérés posent leur vert acide
sur celui, plus immuable et paisible, de l'olivier,
mais c'est seulement ce cœur ombrageux,
ces entrailles fertiles qui gardent
tous les pleurs de l'hiver et les transforment en vie
latente. C'est par elle que
l'été, angoissé de cigales
qui se voit brûler la peau tout en regardant, impassible,
vieillir les arbres, se dessécher
les branches et les champs nostalgiques de leurs charrues,
s'attendrit.
C'est par elle aussi que
tout autre sécheresse se voit réconfortée.
 
Sous un soleil de plomb, dans la nuit la plus sombre,
trésor des cristaux les plus frais
réserve de mémoire,
grotte d'amour, citerne...
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NARCIS COMADIRA
Traduction André Grognard
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