L’image avait un double fond. Tu as disparu dans sa faille étroite, consumé par un astre implacable. Nous te voyons encore, pourtant, tel que tu fus, et ta voix nous revient, tamisant nos échanges. Il suffit de l’éclair d’un mot, de l’abandon d’un geste, de la musique d’une lumière.

L’image est ce pays où tu demeures vivant.

 

 Avec quelle encre écrirons-nous ta mort ? Sur quel papier ? A l’aune de quel révélateur pourrons-nous mesurer le don que tu nous fis ?

Nos vies désormais abritent ton départ, inscrit dans notre chair comme une cicatrice. Nous sommes sans voix, amputés de nos liens.

Quelle focale ramènera le jour ? Quel oiseau nous rendra la force de l’envol ?

.

 BEATRICE LIBERT

.

PHOTO_ERNST_HAAS

Photographie Ernst Haas