Il est très tard. Trop tard ? Pour ouvrir cette porte dans la lumière, mandorle d’or où les paupières se ferment à demi sur les yeux éblouis. Passage immobile, adoration muette sans objet.
Parfois le corps crispé dans l’impureté du doute, parfois la détresse de la gorge étranglée, la terreur de l’enfant qui s’enfonce et se noie, la solitude disloquée, la fascination soudaine de la mort. Étrangère, étrangère, étreignant à jamais l’absence, l’origine, et si faible, et si nue.
Et pourtant…la joie, la joie si simple, si proche, la soie de l’eau porteuse, la confiance, la force, la main bénissante, la lueur du soir intense sur les roses. « La maison ne sera jamais vide, sans doute ne l’a-t-elle jamais été ». Oh ! que cela soit vrai dans ces larmes heureuses, que le chemin soit clair dans la nuit qui vient, qu’il y ait encore quelques fruits, quelques soirs d’été, et l’évidence fraternelle.

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HELENE PERAS

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Oeuvre Angélique Lenel