Ne cherche pas l’aube
parmi les apparats des palais
ni le sel des larmes
dans l’eau des jours heureux

Des souvenirs s’épanouissent
sur les hautes tiges du sommeil

Que dire de ces roses
qui nous enroulaient
dans leurs suaves parfums
avec des grâces surannées

Ne cherche pas la vie
sous un parapluie
ouvert au commencement du jour
dans une maison en deuil
dont tu franchirais le seuil
sur la pointe des pieds

Ne cherche nul mystère
entre les pierres des cimetières
un papillon t’emportera bien assez tôt
sur la route des vents
ou s’éparpillent les pollens du temps
car avant de te connaître
et de t’oublier enfin
il te faudra encore
d’un seul coup d’œil sans regrets
affûter le fil noir de la faulx.

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ANDRE CHENET