…L’exil est rond :
un cercle, un anneau :
tes pieds en font le tour, tu traverses la terre
et ce n’est pas ta terre,
le jour t’éveille et ce n’est pas le tien,
la nuit arrive : il manque tes étoiles,
tu te trouves des frères : mais ce n’est pas ton sang. Tu es comme un fantôme qui rougit

de ne pas aimer plus ceux qui t’aiment si fort,
et n’est-il pas vraiment étrange que te manquent
les épines ennemies de ta patrie,
l’âpre détresse de ton peuple,
les ennuis qui t’attendent
et qui te montreront les dents dès le seuil de la porte …

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PABLO NERUDA

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