dimanche 27 novembre 2011

L'ANGE QUI BOITE...Extrait

J'ai vu un ange qui boitait. Il m'est apparu simplement: j'étais assis sur un banc et je voulais allumer du tabac. L'ange me vit et vint allumer mon tabac. Je sais maintenant que tous les hommes devraient boiter. Mai qui en ce monde mériterait d'avoir cette magnifique démarche ? Les prétentions, les audaces, les parades sont  présent à mes yeux les vraies infirmités . JEAN-MARIE KERWICH . Oeuvre Anatole Petrytsky
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dimanche 27 novembre 2011

UNE COLOMBE,UNE AUTRE...Extrait

Comme est immense en toi le blanc cette neige à perte de dire Il faudrait un ciel hölderlin avec des visions majuscules des mots comme des angélus & des énigmes pour les anges Il faudrait un jour aussi vaste que la vaste nuit de l'aveugle ravi par des réminiscences de brefs enfers cinabarins où s'enflamment les cardinaux   Il faudrait la grâce de Klee d'un Sphinx-enfant aquarellant ses avions de papier qui tombent en ce champ d'horreur où les flammes font de la vie chemin de croix Ah si pouvait s'envoler... [Lire la suite]
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dimanche 27 novembre 2011

ANACHRONIQUE...Extrait

 Qui est innocent vraiment en ce monde Connais-tu un grillon qui le soit encore   Quelle eau est pure vraiment aujourd'hui coule vers une mer vraiment pure   Quel ciel respire ne donne pas du poison à ses hirondelles donne son bleu sans nuageuse arrière-pensée sans noir dessein d'orage par plaisir vraiment   Quelle saison est sage encore n'apporte pas neige dans l'août et dans l'hiver la sécheresse Quelle saison vraiment   Quelle main sait encore donner quel amour est... [Lire la suite]
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lundi 21 novembre 2011

FAUT PAS DECONNER !

  Vous, grelottant sous vos cartons, le ventre vide et le coeur asséché par les morsures de la misère   Des papiers empilés sous vos chemises pour vous protéger d’un climat moins froid que la conscience de cette justice qui vous refuse ceux qui vous rendraient la dignité à laquelle tous hommes, toutes femmes, de cette planète ont droit   Vous, à qui quelques passants jettent une pièce pour se refaire une conscience un peu plus présentable, avant de s’engouffrer dans un resto trois étoiles où ils s’empiffreront... [Lire la suite]
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dimanche 20 novembre 2011

CAHIERS DE L'ECOLE DE ROCHEFORT...Extrait

La guerre, on la dansait dans la cour de l’écoleBardés de cheveux fous et de tabliers noirsOn sentait l’encre amère, un peu la confiture,Une mouche d’été dormait sur nos devoirs.L’institutrice était une jeune bergèreQui avait entendu la voix de Michelet.Ses yeux fleurs préféraient le rêve à la lectureSes seins n’avaient jamais bourgeonné dans des doigts.Parfois, les jeudis clairs, elle allait en voitureAcheter à la ville un coupon de satin.Son fiancé, était – disait-on – mort en guerreC’est un très grand malheur quand on n’en compte... [Lire la suite]
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dimanche 20 novembre 2011

COMME UNE MAIN QUI SE REFERME...Extrait

Quand nous reverrons le blé battu par des mains d'hommeQuand nous reverrons flamber les tayolles dans le soleilQuand les trois chevaux du futur iront de front sur l'aire netteAlors nous ferons de colline à colline des feuxDes feux en souvenir du pan nocturne et de nos frères. Ils avaient en ce temps de l'été des supplicesJeté dans l'air leurs bras cassés, les durs fléauxDe l'avenir. On les avait battus à mort, le grain, la paille,Et l'espoir demeurait vivace ; leur sang coulait comme un soleil. Dans les champs et les rues, le... [Lire la suite]
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samedi 19 novembre 2011

LE TEMPS QU'ON PERD...Extrait

Hier aujourd'hui et demaintous les jours de la semaineet les lendemains et la veillece matin tout à l'heure avant-hierj'ai vu une petite fille qui souriaitj'ai cru que j'étais fort que j'étais malinc'est si facilej'ai attrapé un moucheronen plein dans l’œilj'ai entendu cette voix et la grande clochequi répétait et qui disait demainvous savez ce que c'estdemain rienet le reste de la vieToutes les fleurs de l'Arabieet les parfums de la pampale jour la nuit les enfants d'Édouardla ronde des lauriers les heures de foliele cœur en feu la... [Lire la suite]
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samedi 19 novembre 2011

L'OUTREPASSANTE

À René Char Habiter la halte brèveLa rive avant la traverséeLa distance fascinée qui saigneEt la pierre verte à l'anse des ponts Dans la nuit sans fin du splendide amourPorter sur l'ombre et la détruireNos voix de lave soudain belliqueusesL'amont tremblé de nos tenailles Il y a loin au ruisseauUn seuil gelé qui brilleUn nid de pierres sur les tablesEt le pain rouge du marteau La terreAprès la terre honora nos fureursÔ ses éclats de lampes brèvesMidisMartelés de nos hâtes . BEATRICE DOUVRE . Photographie Michel Pêcher
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samedi 19 novembre 2011

J'ACCUSE

  Au nom du mort qui fut sans nom Au nom des portes verrouillées Au nom de l'arbre qui répond Au nom des plaies au nom des prés mouillés Au nom du ciel en feu de nos remords Au nom d'un père qui n'aura plus son fils Au nom du livre où le sage s'endort Au nom de tous les fruits qui mûrissent Au nom de l'ennemi au nom de vrai combat Où l'oiseau avait fait son nid Au nom du grand retour de flamme et de soldats Au nom des feuilles dans le puits Au nom des justices sommaires Au nom de la paix si faible et dans nos bras Au nom des... [Lire la suite]
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samedi 19 novembre 2011

EXIL...Extrait

…L’exil est rond :un cercle, un anneau :tes pieds en font le tour, tu traverses la terreet ce n’est pas ta terre,le jour t’éveille et ce n’est pas le tien,la nuit arrive : il manque tes étoiles,tu te trouves des frères : mais ce n’est pas ton sang. Tu es comme un fantôme qui rougitde ne pas aimer plus ceux qui t’aiment si fort,et n’est-il pas vraiment étrange que te manquentles épines ennemies de ta patrie,l’âpre détresse de ton peuple,les ennuis qui t’attendentet qui te montreront les dents dès le seuil de la... [Lire la suite]
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