Le fouet l’épée non pas 
Le poing non pas non 
Le frappement salit, 
 
Toute vague même océane 
Manquerait de sable et de sel 
Pour laver en la paume blanche 
Le souvenir d’un manche 
L’ignominie de l’arme, 
 
Répondre au violent violemment 
M’aliène ou bien m’ennuie 
 
La haine triste nœud du bois 
N’étrangle que les branches basses, 
 
Faut-il que je le fasse entendre 
Voici je le dis je le crie 
Je ne vis que pour aimer 
J’aurai vécu illuminé 
Par des astres extérieurs 
A mon ciel que peu je regarde,  
 
Et si je puis être violent 
C’est seulement 
Si quelque porc nuit à l’aimée 
Si quelque chien pisse ou aboie 
Sur la trace d’un ami,  
 
Alors l’insulte et le poing 
Reprennent leur juste poids, 
 
La canne en la main s’approprie, 
 
Le chalumeau de la colère 
Lance une flamme fusante 
Où tout nuage s’atomise 
Qui eût risqué d’assombrir 
L’éclat de mon étoile, 
 
À vivre ainsi je m’exalte 
Mourir m’amusera peut-être, 
 
Je mourrai sans désaimer 

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ANDRE PIEYRE DE MANDIARGUES

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JAAMATI_MOHAMED

Oeuvre Mohamed Jaâmati