lundi 19 mars 2012

PIER PAOLO PASOLINI

Chaque jour est le dernier dans l’étonnement de la touffeur matinale, des fraîches voix : et à quoi sert d’être clair, au-dedans de soi-même, pour l’éprouver dans l’extension complète de son temps si l’heure de la vie est toujours la dernière ? L’avoir trop éprouvée, et ainsi consommée : voilà pourquoi je vis dans le miracle de la voir encore intacte. Personne ne sait plus que moi la goûter avec autant d’enfantin et féminin abandon, mais personne ne ressent plus que moi cette joie vierge comme un sacrilège. ... [Lire la suite]

lundi 19 mars 2012

FUREUR ET MYSTERE...Extrait

Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux. Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis. Bougeoir ou météore, il n'est plus de cœur gros ni d'avenir sur terre. Les marches du crépuscule révèlent ton murmure, gîte de menthe et de romarin, confidence échangée entre les rousseurs de l'automne et ta robe légère. Tu est l'âme de la montagne aux flancs profonds, aux roches tues derrière les lèvres d'argile. Que les ailes de ton nez frémissent. Que ta main ferme le sentier et rapproche le rideau des arbres. Ma renarde, en présence des deux... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

TERRE SECONDE...Extrait

Il est vrai qu’un monde prend fin, sous nos yeux, qui nous paraît encore sans alternative possible. Je marche dans les dernières campagnes, mais je vois de toutes parts les chemins qui suivaient les pentes, ne les contredisant qu’en les comprenant, appropriant le sol à notre besoin, le faisant parler dans nos jambes, fermenter dans notre fatigue, se faire en nous le vin de l’évidence, la profondeur d’où vient la lumière, disparaissent  l’un après l’autre, sous l’asphalte. Et les maisons, pendant des millénaires si vraies,... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

SURVIVRE ET MOURIR

[…]    Partir sans plus de bruit qu’une feuille morte Abandonner le temps enfin Retrouver les fruits de la terre dans la terre   Ton ventre s’étonne d’un oubli   L’arbre te recommence    Si ce n’est le sang aux tempes Comme un souffle vain Si ce n’est la paupière Sur l’épaule d’un jour Si ce n’est le fruit Comme un œil fatigué   C’est alors le dernier mot Sur le parchemin de vivre . GUY ALLIX .     ... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

DE PROFUNDIS

à Josquin des Prés (vers 1445-1521), au « Prince de la Musique »       1.   1  Et ma parole fendra la pierre, — mon œil brûlera tout ce qu’il ne voudra voir.   4  Par ma bouche jailliront des paroles anciennes. — Fort anciennes.   7   Des voix d’antiques cultures mêlées, — tissées, — trissées, — au vent de l’universel. — Métissées.   10  Ma voix s’élancera. Là-haut. — Très haut. Loin dans l’espace du chant. — L’esprit. Dans le temps. — Le temps... [Lire la suite]
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