jeudi 22 mars 2012

NULLE PART

Il existe un lieu Plus réel qu’ici C’est : nulle part.  Du fond des pays de mémoire Une joie sans borne Ouvre ses espaces,  Pays de l’abandon Vastes comme l’amour, élevés Comme le cœur désire.  Lointains, lointains Et aussi immenses que l’absence Ces bois, ces prairies,  Aussi interminables qu’un départ Ses fleuves coulent Hors de portée de l’espérance.  royaumes d’autre part Dont le temps est : jadis Dont le lieu... [Lire la suite]

mercredi 21 mars 2012

NO PASARAN, DOLORES IBARRURI...19 Juillet 1936

 [Appel effectué du balcon du ministère de l'intérieur à Madrid] Ouvriers ! Paysans ! Antifascistes ! Espagnols patriotes ! Face au soulèvement militaire fasciste, tous debout ! Défendons la République ! Défendons les libertés populaires et les conquêtes démocratiques du peuple ! Par les communiqués du gouvernement et du Front populaire, le peuple connaît la gravité du moment actuel. Au Maroc et aux Canaries, les travailleurs sont en lutte aux côtés des forces restées fidèles à la République, contre les militaires et les... [Lire la suite]
mardi 20 mars 2012

A TOUS LES ENFANTS

A tous les enfants qui sont partis le sac à dos Par un brumeux matin d'avril Je voudrais faire un monument A tous les enfants Qui ont pleuré le sac au dos Les yeux baissés sur leurs chagrins Je voudrais faire un monument Pas de pierre, pas de béton Ni de bronze qui devient vert Sous la morsure aiguë du temps Un monument de leur souffrance Un monument de leur terreur Aussi de leur étonnement Voilà le monde parfumé, Plein de rires, plein d'oiseaux bleus Soudain griffé d'un coup de feu Un monde neuf où sur un corps qui va tomber Grandit... [Lire la suite]
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mardi 20 mars 2012

VOYAGEUR

La chênaie ondoie dans l’azur Et n'en retient que le souffle Chemin secret et fleuriOù la brise se complaîtEn ces desseins de mielUn rouge-gorge paradele chardonneret élégant s’apprête On devine l’ombre furtive de la buseUne belette risque la subéraieDans la rosée vernale du matinLe feu d'artifices s'éloigneSonge voyageur aimeEntre les bras de l'arbreEt les rais tamisés d'un soleilQue les feuilles infusentLa frondaison majestueuse A l’envol donne l'échoDessine le noble ramierEt d'un plain ramage sourdUn soupçon d'harmonieL’oiseau... [Lire la suite]
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mardi 20 mars 2012

VECINO DE LA MUERTE

Patio de vecindad que nadie alquila igual que un pueblo de panales secos; pintadas de recuerdos y leche las paredes a mi ventana emiten silencios y anteojos. Aquí entro: aquí anduvo la muerte mi vecina sesteando a la sombra de los sepultureros, lamida por la lengua de un perro guarda-lápidas; aquí, muy preservados del relente y las penas, porfiaron los muertos con los muertos rivalizando en huesos como en mármoles. Oigo una voz de rostro desmayado, unos cuervos que informan mi corazón de luto haciéndome tragar húmedas ranas,... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

PIER PAOLO PASOLINI

Chaque jour est le dernier dans l’étonnement de la touffeur matinale, des fraîches voix : et à quoi sert d’être clair, au-dedans de soi-même, pour l’éprouver dans l’extension complète de son temps si l’heure de la vie est toujours la dernière ? L’avoir trop éprouvée, et ainsi consommée : voilà pourquoi je vis dans le miracle de la voir encore intacte. Personne ne sait plus que moi la goûter avec autant d’enfantin et féminin abandon, mais personne ne ressent plus que moi cette joie vierge comme un sacrilège. ... [Lire la suite]

lundi 19 mars 2012

FUREUR ET MYSTERE...Extrait

Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux. Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis. Bougeoir ou météore, il n'est plus de cœur gros ni d'avenir sur terre. Les marches du crépuscule révèlent ton murmure, gîte de menthe et de romarin, confidence échangée entre les rousseurs de l'automne et ta robe légère. Tu est l'âme de la montagne aux flancs profonds, aux roches tues derrière les lèvres d'argile. Que les ailes de ton nez frémissent. Que ta main ferme le sentier et rapproche le rideau des arbres. Ma renarde, en présence des deux... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

TERRE SECONDE...Extrait

Il est vrai qu’un monde prend fin, sous nos yeux, qui nous paraît encore sans alternative possible. Je marche dans les dernières campagnes, mais je vois de toutes parts les chemins qui suivaient les pentes, ne les contredisant qu’en les comprenant, appropriant le sol à notre besoin, le faisant parler dans nos jambes, fermenter dans notre fatigue, se faire en nous le vin de l’évidence, la profondeur d’où vient la lumière, disparaissent  l’un après l’autre, sous l’asphalte. Et les maisons, pendant des millénaires si vraies,... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

SURVIVRE ET MOURIR

[…]    Partir sans plus de bruit qu’une feuille morte Abandonner le temps enfin Retrouver les fruits de la terre dans la terre   Ton ventre s’étonne d’un oubli   L’arbre te recommence    Si ce n’est le sang aux tempes Comme un souffle vain Si ce n’est la paupière Sur l’épaule d’un jour Si ce n’est le fruit Comme un œil fatigué   C’est alors le dernier mot Sur le parchemin de vivre . GUY ALLIX .     ... [Lire la suite]
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lundi 19 mars 2012

DE PROFUNDIS

à Josquin des Prés (vers 1445-1521), au « Prince de la Musique »       1.   1  Et ma parole fendra la pierre, — mon œil brûlera tout ce qu’il ne voudra voir.   4  Par ma bouche jailliront des paroles anciennes. — Fort anciennes.   7   Des voix d’antiques cultures mêlées, — tissées, — trissées, — au vent de l’universel. — Métissées.   10  Ma voix s’élancera. Là-haut. — Très haut. Loin dans l’espace du chant. — L’esprit. Dans le temps. — Le temps... [Lire la suite]
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