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EMMILA GITANA
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21 avril 2012

EN CETTE JOURNEE DE LUMIERE

En cette journée où la lumière

exulte soulevant au-dessus de sa tête les bouleaux blancs les pins les érables les sapins et les aulnes

en cette journée où les cratères solaires rient aux éclats et se font entendre de tout l’univers

les tarins des pins te sifflent amour de ma vie

les mésanges à tête noire atterrissent dans ta paume où des graines attendent de combler leur appétit

les carouges à épaulette te font de l’œil

les parulines te saluent en hochant de la queue

les chardonnerets ont entrepris la toile de tes vêtements utilisant la palette à leur portée des nuances de jaune de noir et de blanc

alors que le vent à ton passage en perd ses directions et souffle de manière à te voir de tous les côtés

ne sachant pas où donner de la tête maintenant que tu es à proximité des battures de l’Isle-aux-Coudres

un couple de bruants lapons ayant quitté la toundra jouent pour toi à haut vol de leurs ailes

le mâle ayant posé sur sa tête une calotte noire qui a plu à la belle

et le héron posé sur l’étoc d’un rocher prend son envol ramant de toute l’envergure de ses ailes pour te prendre à son bord
les grèbes huppés ont mis leur collerette rousse pour ton attention

la happer et ayant plongé réapparaissent tout près de toi en posant contre tes seins leur poitrine

s’accompagnant de l’instrument de musique de leur parade leurs caquètements rauques et saccadés si sonores t’ayant déjà entourée d’un nid spatial et fluvial où il te sera bon de plonger
comme une sirène contemporaine mon amour

je me transformerais en moitié-femme-homme et en moitié-poisson pour leur royaume d’eaux

et de terre leur royaume corporel et sensitif mieux les connaître en l’apprivoisement des différences

je me métamorphoserais en femme-lionne

en femme-cheval

en homme-abeille

en femme-univers

en homme-rhinocéros

et en femme-fourmi

passant de l’infiniment grand à l’infiniment petit
comme je sais dilater les membranes de l’instant cette journée où la lumière exulte durera très longtemps

et parmi une bande de arlequins plongeurs arborant tel le personnage de la commedia dell’arte leurs couleurs

ma robe blanche rouge et noire je porterai et d’une similaire te vêtirai

elles auront un profond décolleté puis pour chasser les temps de tristesse qui nous ont blessées

nous monterons toutes deux sur la scène de nous-mêmes afin avec la salle tout entière à tout bout de champ nous esclaffer

 

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MARIE CHOLETTE

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Oeuvre Joan Miro

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