Je n’ai plus connaissance sinon

du seul silence qui là-bas m’a reconnu

J’aurais vécu en est le nom

car je sais les noms de cette nuit qui est l’épair

Du ciel ici quand je te parle de guérir

comme l’on meurt dans la mort de l’autre

Qui était l’étendue,

le nom même des choses que l’on n’a pas connues

Or vois les salles d’ombre,

le gréement disparu,

le guet des parélies perdues,

Ô maitresse d’armes, je te dirai le cœur

et le doute du cœur, d’autres preuves,

L’ancienneté du cœur,

le miroir sur la table,

le vin servi pour ce temps mort,


Et la grève de laves qui portera ton nom,

ce qui est là, hasards, chimères,

Pour la mort que nous sommes à ce miroir,

et l’orbe blanche où tu m’attends très blanche

Sous la lampe de fièvre parmi les autres

qui te nient alors que tu n’es pas,

Or vois la courbure que le rêve anime

dans le gel et le bleu des ogives

Et tout ce tremblement de l’âge qui nous guette,

que je dois à ce qui sera

Puisque l’ailleurs n’est plus que l’immobile,

l’attente de ce qui est, cette mise,

La forêt de jadis, de jamais plus,

la manne de lèvres qui ont murmuré :


Est-ce ici que le rêve s’achève ?

Que s’altèrent les îles de nos deux corps ?

 

 

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CHRISTIAN GABRIEL/LE GUEZ RICORD

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2008/11/christian-gabrielle-guez-ricordjaurais-v%C3%A9cu-en-est-le-nom.html

 

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SIBYLLE

Oeuvre Sybille Mathiaud