Nous avons traversé des orages, des tempêtes, les hautes solitudes, les profondes douleurs. Ne fût-ce que cela la vie ?

La mort, n’est-ce rien que cela. —Vers l’haut-delà ? Des joies, — l’éclair, du bonheur, — l’éblouissement. — Or, j’avance somnambule, entre rêve et réel. Et j’ai outrepassé le visible, — le cap vers l’inconnu, — l’invisible.Nous serions donc passés, comme des fantômes pressés.Pourquoi ce brouillard, ce perpétuel brouillard ?—Mais quoi, folie, pourquoi ce doute ? dit l’éveillé. Vois ! l’homme qui disparaît au seuil de l’embrasure. Que la nuit tombe enfin, pour que renaisse le jour ! Et le soleil victorieux,avec le mot amour réécrit, avec ces lèvres tremblantes, — avec ces lettres tremblées, avec ces corps lents de musique,de frais parfums, avec dans la bouche ce goût de fruit d’été. Une porte a été fracturée. — Une autre sera entr’ouverte. Ainsi tu voisl’homme dans son inachevé. Écoute les colombes et les rires s’envoler. — Une promesse. — Oui, rien qu’une promesse. — Juste une promesse !

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SERGE VENTURINI

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