Nous nous dévorons nous-mêmes
cannibales de l'extrême gloutonnerie
nous ajustons nos masques d'oxygène
dans ces réunions entre gens avertis
lors de remises de prix étouffantes
où les lettrés jaunissent dans les hautes sphères
et les mots fourbus vont se coucher
dans leurs dortoirs de papier rectangle
qui lira encore dans l'herbe des rives
les paroles d'amour et les chants d'oiseaux
qui écoutera les mélodies du ruisseau
la caresse de l'eau sur les pierres grises?
Nous nous saluons du bout des lèvres
comme des étrangers en transit
dans des ports dévastés de boutiques à souvenirs
Nous sommes sans cesse affamés de vies volées
de choses que nous ne posséderons jamais
et nous nous cachons dans la peau d'un autre.

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ANDRE  CHENET

le 14/04/2012

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Tatiana_Nazarenko4

Oeuvre Tatiana Nazarenko