C’était un petit baiser qui s’en allait par les ruelles et les traboules. C’était un petit baiser perdu sur le parking de la mémoire vive. C’était un baiser de reconnaissance pour ceux qui manquent d’amour à la naissance. Il allait dans les prairies et dormait sur la mousse des forêts. Il pouvait exprimer son aile de baiser contre l’écorce des arbres. Les arbres tant aimés le 6 mai près de minuit. C’était un petit baiser qui cherchait l’éternité d’un instant dans la voyelle que forment les lèvres dans l’étonnement et le plaisir. C’était un petit baiser qui cherchait l’adresse. Qui cherchait la rue. Il suffisait de le frôler pour réaliser qu’il flottait dans l’air. Libre de tout et même de sa tristesse. Il existe dans un lointain pays une petite place au milieu d’une ville légère où les amoureux du monde viennent sur un marché où s’échangent contre un sourire tous les baisers égarés. C’est là je pense qu’il vit et demeure désormais. Gardez un sourire pour la bonne bouche. Qui illumine de sa lumière la mémoire de tous les baisers.

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PATRICK CHEMIN

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Baiser325