Tu es ciel chargé par le suc

D’un long été tremblant de pentes, de verdure

Tout forgé de feuillage, jour

Abrupt de transparence, allié

Au soleil immergé des feuilles

Au feu fragile de la branche, au jour plus mûr

– Nourri de terres à distance, lac

Captif et eau arable dans le roc

Tu mêles tout bas sol et ciel

                            ici

Où la montagne éclate et s’ouvre, femme

Où crie le feu, halète la venue de vie

Et le labeur de terre ardente

La torsion du travail, qui sculpte

Un tressaillement simple d’avenir

Modèle une joie précise, dure, par la chair

Taillée dans la lumière vive

(Sourire aux yeux d’enfant humides)

Et la parole sourd, se ramifie aux lèvres douces

Alourdies de matin, mouillées d’amour, limées de soif

Vous vivez là, parole

Autour de moi, en un seul cri

Aube égouttée dans l’arbre en cassures d’oiseaux

Brisée à bout de branche

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JEAN-PIERRE FAYE

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