Non, tu n’es pas seulement d’hier, — hier avec ses sables mouvants et ses quartiers changeants. Et n’allez pas me jeter au visage tous les trésors accumulés ! Non, tu n’es pas seulement d’aujourd’hui, — aujourd’hui et son destin filant entre les mains d’autrui. — Temps du plus noir refus, du souffle de l’urgence. — Ô vive urgence du souffle pour ne pas mourir ! Non, tu n’es pas seulement de demain, — demain avec son futur glacé, là où personne n’habite, sauf l’illusion. — Temps de la verte utopie, des rêves les plus fous. Oui , l'être n'est pas et nécessairement le non-être est. Oui, tu es ancré dans l’étant, — tout inscrit dans le devenir. Porté-emporté par la force de tout l’étant. — Oui, le vent du printemps, la rosée du printemps. Et non pas contre le temps, — mais souffle du temps.

 

— Tu es de tous les temps.

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SERGE VENTURINI

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SEON

Oeuvre Alexandre Seon