En esta lengua que hablo,
¿quién soy?,
¿quién es mi madre?


La madre crece en mi útero,
busca mi regazo;
es la misma que alimenta mi sueño.


Cuídame este sueño vientre eterno.
Sueño una lengua viva que hable del cielo
en la que pueda decirte:
madre.


Te nombro ahora
en mi lengua materna.
Escritura tuya soy,
verbo de tu dolor.


Te oigo,
palpitas.
Esa es tu lengua primera.


Con mi silencio
te lleno hasta ensancharte.
Te haces transparente,
gritas cuando dejas pasar luz.


Te veo,
resplandeciente y posesa.


Dame, madre, esa palabra
que no entienda.

.

.

.

.

.

ZUHAIR HASSIB 7

Oeuvre Zuhair Hassib

.

.

.

.

 Évolution



Dans cette langue que je parle,
qui suis-je ?,
qui est ma mère ?


La mère croît dans mon utérus,
cherche mon giron ;
c’est elle-même qui nourrit mon rêve.


Prends soin de ce rêve ventre éternel.
Je rêve une langue vivante qui parle du ciel
dans laquelle je puisse te dire :
mère.


Je te nomme maintenant
dans ma langue maternelle.
Je suis ton écriture,
verbe de ta douleur.


Je t’entends,
tu palpites.
Voilà ta langue première.


Avec mon silence

je t’emplis au point de t’élargir.
Tu te fais transparente,
tu cries quand tu laisses passer la lumière.


Je te vois,
resplendissante et possédée.


Donne-moi, mère, un mot
que je ne comprenne pas.

.

.

.


ANGYE GAONA

Traduction française de Pedro Vianna
Plusieurs poèmes d'Angye Gaona
ont été traduits dans le n°5 de la revue de poésie La Voix des Autres

http://poesiedanger.blogspot.fr/