Il y a, dans la tradition espagnole, indienne, méditerranéenne, des poèmes habités d’apparitions, où la vie reflète des choses, des fruits, des idées, des fantômes, des êtres anonymes et fugaces, des traces populaires et secrètes.
Des poèmes qui proclament la durée scandaleuse du minime face à l’usure du temps.
Des paroles qui recueillent ces bribes d’incrédulité et de foi, de sentiments passionnés et de picaresques distances, dans lesquelles nous nous reconnaissons.
Des échos contradictoires que je souhaiterais accueillir dans mes poèmes.

(...)

Il se peut que la manière poétique soit liée à la musique, comme la musique est liée au geste : les poèmes font alors danser l’âme. Ils sont, peut-être, mémoire de gestes et de musiques oubliés et retrouvés, inventés et ignorés plusieurs fois. La danse, le mouvement et le désir de danse sont présents dans toute la poésie.

Les poèmes amoureux les plus tristes et les plus désespérés donnent envie de danser en secret.

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LUIS MIZON

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