la féminité d'un vent léger

se noue à mes cheveux

je prie Dieu     n'importe quel Dieu

cela m'est bien égal

tous les mêmes, à se jouer

de leurs hommes s'entre tuant

mon Dieu n'est pas des leurs

il est bonté     j'y pense :

il a tes yeux

les yeux de l'innocence

des yeux de biche

j'enfreins le pas du chasseur

qui voudrait te poursuivre

la brise d'été chante ta voix

dans les feuilles condamnées

l'évanescence de ton visage

n'existe pas

aucune saison ne peut

arracher ma feuille à ta branche

car ma feuille est blanche

et tu es colombe

le premier rayon exhausse

le soupir de l'oiseau qui vole

il tire de son arc magnétique

les aimants d'entre nous

d'une flèche de menthe

dans le thé vert de ton matin

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MARTINE CROS

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ANTOINE BOURDELLE

Oeuvre Antoine Bourdelle