Nous sommes en deçà du miroir

dans un monde aux légendes éteintes

A chaque seconde,  il faut inventer l'amour à nouveau

sa morsure

le désir

 

Nous sommes nées dans les villes dures

La misère nous mène en guerre

loin de l'arrondi du cœur

et nous versons le sang des peines

sur les cohortes des rêves

 

Femmes de mes jours

des heures amères

Dans notre héritage, tant de larmes et de bûchers !

Des cendres tombent sur nos traces

et quand il pleut

l'odeur rouillée du sang monte du terril des souffrances

 

Jamais nous n'avons plongé dans le reflet 

Jamais la route ne fut plane

Nous sommes de ce monde sans vérité

et nous portons seules le poids des âmes

 

avec, sur nos épaules

la soie de l'amour qui ne renonce pas

 

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LEÏLA ZHOUR

 

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oswaldo guayasamin

Oeuvre Oswaldo Guayasamin