Je ne devrais pas rompre la nuit
Me souvenir de ces jours
Qui ne laissaient rien dans leur marge.
C'était trop comme "Il était une fois"
Dans ces contes qui jamais ne finissent
Je ne devrais pas respirer de ton souffle
T'entendre marcher, dire ces mots
Que sans aimer
On ne sait s'ils existent
Je devrais fuir la chaleur
Qui s'emparait de la ville
Lorsque je te serrais dans mes bras
Je ne devrais pas voir tes yeux rire
Ton corps faire bouger le soleil
M'emporter en ces ailleurs
Où les marelles n'ont aucune prudence
J'ai parcouru la vie
Sans qu'en moi ait cessé de mourir
Ce qui aurait dû être
Ombre imbécile et cruelle
J'ai parcouru la vie
Sans ne plus t'entendre dire que tu m'aimes
Comme Oedipe qui, au bras d'Antigone
S'en est allé
Dans la nuit
Le cœur vide, je vais à la découverte
Sans cesse vociférante
De la plus grande des pauvretés

.

PAUL MARI

.

jaya suberg 20

Oeuvre Jaya Suberg