jeudi 11 octobre 2012

LA VAGABONDE...Extrait

Je te désirerai tour à tour comme le fruit suspendu, comme l'eau lointaine, et comme la petite maison bienheureuse que je frôle...  Je laisse, à chaque lieu de mes désirs errants, mille et mille ombres à ma ressemblance, effeuillées de moi, celle-ci sur la pierre chaude et bleue des combes de mon pays,  celle-là au creux moite d'un vallon sans soleil, et cette autre qui suit l'oiseau, la voile, le vent et la vague.  Tu gardes la plus tenace: une ombre nue, onduleuse,  que le plaisir agite comme une herbe dans... [Lire la suite]
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jeudi 11 octobre 2012

PAUL MARI

Je ne devrais pas rompre la nuit Me souvenir de ces jours Qui ne laissaient rien dans leur marge. C'était trop comme "Il était une fois" Dans ces contes qui jamais ne finissent Je ne devrais pas respirer de ton souffle T'entendre marcher, dire ces mots Que sans aimer On ne sait s'ils existent Je devrais fuir la chaleur Qui s'emparait de la ville Lorsque je te serrais dans mes bras Je ne devrais pas voir tes yeux rire Ton corps faire bouger le soleil M'emporter en ces ailleurs Où les marelles n'ont aucune prudence J'ai parcouru la vie... [Lire la suite]
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jeudi 11 octobre 2012

COLETTE SEGHERS

Tu me cherchais ? Ne me cherche jamais, Je suis là, Embrassée du cœur aux chevilles Dans tes mains d’homme et ta mémoire Et nouée comme une pièce d’or Dans le trésor confidentiel de ta vie, Brigandée dans l’envers du temps… Ne me cherche jamais, Je suis là, La nuit peut bien sécher ses grands trains d’herbes fauves Et lancer sur ses rails le convoi des saisons, Elle peut bien passer de l’une à l’autre Sur ses passerelles d’orages ou le ventre sans ciel Des froids, Elle peut bien apporter ce qu’elle voudra, Ce qu’elle pourra, Sa rançon... [Lire la suite]
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jeudi 11 octobre 2012

POESIE VERTICALE...Extrait

Peut-être resterons-nous fixés sur une pensée, la pensant pour toujours.   Il se pourrait que l'éternité consiste à se concentrer sans rien alentour sur la pensée la plus dense et à rester là comme une plante en éveil qui colonise pour toujours son minuscule espace.   Mourir ne serait alors rien d'autre que l'ultime effort de l'attention, l'abandon des autres pensées. . ROBERTO JUARROZ .    
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jeudi 11 octobre 2012

DORMIR AU CHAUD

Pourquoi les hommes dorment dans la rue, maman? sur de vieux journaux qui ne parlent que d’argent du cours de l’Or de la Bourse des Princesses et du Loto sous l’homme qui dort sur un trottoir avec son chien et son couteau Ça sert à quoi de partir sur la Lune en bateau Quand on n’a pour habiter sur la Terre que son manteau Ça sert à quoi de bâtir des cathédrales des cachots Tant que chacun n’a pas le droit d’au moins Dormir au chaud Pas les pieds sur un réchaud Dormir au chaud Pas dans des lits d’hôpitaux des dortoirs des entrepôts... [Lire la suite]
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