Aux ciseaux je me coupai de l’alphabet

Je me châtrai de ma patrie d’encre et de sève

Sans où et sans rien dans ce Sud

Exilée de l’écho de mon alpha

Je suis un suicide de métaphores

Une lettre aveugle un verbe sans racine

 

La pleine lune maternelle se trompa de route

Et me donna le jour en cette terre australe

Je suis un faux-pas de la Nature

 

Après chaque voyage

Dévêtue de ma peau temple sans Dieu

Dans la vapeur oxydée d’une ombre

J’écris sur des esquilles de l’enfer

Du sang bénit gicle de mes mains

Mais elles brûlent. Pas de cendres, que du feu

Je suis le gémissement de la Terre en rut

Implorant la pluie virile de ma patrie

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CRISTINA CASTELLO

 Buenos Aires, le 2 février 2008

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Pedro Vianna

 

 

© Poème inédit à paraître dans le cinquième recueil bilingue (français-espagnol) de l’auteure.

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JS

Oeuvre Jaya Suberg