A l’angle mort des lumières, ils sifflent de l’un à l’autre
pour une branche où se dessine un bras,
deux gros cailloux pour voir de leurs seuls yeux,
une écorce qui se fera chapeau.

À l’éclaircie de quelques mots,
vous les mettez à découvert, enfants prodigues
qui ne veulent plus repartir,
tant que le jour n’aura pas fondu tout entier
sur leurs mains.

Alors, et sans attendre, connaissant déjà tout
du temps inculte ou disloqué,
ils signent le moment fantasque
qui les a mis au monde.

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DOMINIQUE SORRENTE

poème extrait de Le dit de la neige, 2000

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le bonhomme de neige 3