Ma petite fille qui m’a donné tant d’amour
Tu pars, agrippée aux nuages
Bien trop lourds,
Tu dérives au fil du cancer
Les vieux jours : tes adversaires !...
Tu pars pour ton ultime voyage,
Ma petite fille, ma petite mère
Toi qui m’as donné tant de bonheur
A présent, tu t’accroches avec rage,
Il y a un nid de crabes qui te mangent le cœur !
Ils ont sucé ton sang et rongé tes poumons
Mais n’ont pas éteint la lumière
Sur ton front !
Ma petite fille de 40 kilos et 80 hivers
Tu es toujours jolie même battue par l’orage
Il n’y a pas de mots pour dire ton courage !
Tu es là, cherchant l’air
Tel un poisson échoué sur le rivage…
Je compte chacune de tes respirations !
Je prie, je pleure pour que Dieu nous donne
Encore un peu de temps pour qu’on se pardonne
D’avoir épuisé l’autre de nos passions !
Nos mains se joignent à l’extrême
Je ne sais que dire : « je t’aime »,
Et je ne comprends plus s’il faut te laisser partir
Ou s’il vaut mieux
Un peu plus te retenir ?...
Tu t’en retournes là d’où tu es venue
Ancienne princesse, solitaire et nue
Tu appartiens déjà aux forces des nues,
Les aïeux…
Et moi restée seule sur la terre
Moi qui demeure ton enfant
Une dernière fois j’appelle :
Maman !

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MARIE ALLAIN

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