j’ai repris tes mots
pour les dire
sentir la fleur des
lavandes et ce soleil confit
doré rouge acajou
là où se pose le lisse de la main
sur le parquet blondi

j’ai repris tes mots
pour redire l’enfance
l’enfance perdue
déchiquetée paroissiale
l’enfance de grand-mère pieuse

l’odeur de miel
la cire comme un rayon d’abeilles
les vieux meubles enserrent les draps
lavés bleu de lavande
et fleurent d’anciennes lessives d’eau claire et puis de cendre

les maisons tilleuls
les potagers bleutés
sous l’étrange des soirs
la salade égouttée
lavoir et prie-dieu
te psalmodient et te reviennent
les mots, les mots de ton enfance
la cathédrale grise
les vitraux de couleur
une après-midi de villes endormies
retour sans cesse
et le couvent des femmes encerclant l’espérance

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BEATRICE BONHOMME

 

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LAVANDIERE