"Ce soir, je veux dire adieu à Langston Hughes,
Sur un verset de blues
Sur un pas de swing
Sur un tambour ivre
Ce soir je veux dire adieu à Langston Hughes.

La canaille a surpris le messager sur la marche des Temples
C’est la nuit au fond des cabarets
Dans l’accouchement difficile des trompettes
C’est la nuit sur Harlem, c’est la nuit sur le monde
Adieu, adieu Langston Hughes !

La canaille a terrassé l’homme,
Mais Dieu est debout sur les pas de Lincoln
Langston
Tu es en moi comme la voix lointaine
L’élu, l’aimé, l’inoublié
Je te nomme l’idole des foules en délire

L’ouvrier par les sentiers désarmés
Pleure le chantre de ses dures amours...
Langston.
Tu aurais pu nourrir tes entrailles de grands délires
Vêtir ton sang de pourpre
Et solennel comme la race des tom
Emboucher les trompettes de la honte,
et à chaque cri, à chaque étape
Usurper le sourire de Harlem.

Mais non...
Toi aussi tu avais choisi de capturer le soleil
Pour en faire le bouclier de ton peuple
Aux accents d’autres voix
Tu avais mis le doigt sur le rêve
Le rêve au bout du carrefour"

(...)

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MAMADOU TRAORE DIOP

 

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Langston Hughes