" Venus de plus loin que l’enfance
À bout de départs et de retours
De chutes et d’assauts
Nous basculons dans la blancheur unanime
Ni sanglot
Ni amertume
Pas même un bruissement
Mais l’intervalle.

Nous nous réveillerons peut-être
En une danse de sable
À l’écart de nous-mêmes
Avec un visage anonyme
L’éternité au fond de la gorge.

Nous revenons de tant de comas
De la conjonction des voix et des silences
Du lointain et du proche
De ce lieu où quelqu’un marche
Si léger, si invisible
Qu’il traverse nos murs de part en part
Sans égratignure
Ou lézarde.

Nous revenons du temps inhabité
À l’écoute du fruit
Au cœur d’une saison sans tumulte
Nous céderons aux rescapés
La respiration pathétique des montagnes. »

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NOHAD SALAMEH

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nomade