Inaudible attente
temps suspendu
émotions à l’usure

visages obscurs
visages sans tain
façades aveugles sur la vie
rôdent dans les travées
de glace

parfois un regard clair
tente une percée musicale
sur les décors absents

une lumière sourde de silence
enserre les vivants
réunis là
pour partager des mots
liés
dans l’univers flottant
de la nuit

orient et occident se toisent
et tandis qu’à Bagdad
coule le sang des affligés
ici au cœur de l’immense
vaisseau de verre
le fond de l’air
est à la poésie

les broderies architecturales
mirent
leurs reflets de vitrail

une flottaison de nuages
fuit sur le fil coupant du parvis
bleus mauves argentés gris
même bain de couleur
au-dedans au- dehors
promesses d’une possible
harmonie

à l’orée le grand vent
balaie le ciel
de bleu lavé

des escadrons de phares
glissent à même le quadrillage
de la verrière à nu
la longue cohorte
des clignotants danse
son ballet de passage
au-dessus de toi
le monde inversé de la ville
se noie dans l’ininterrompu silence

l’harmonie se brise
dans le fracas des mots

.

 

ANGELE PAOLI

 

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mer