mercredi 23 janvier 2013

L'INFINI...Extrait

L'accompagnateur de Hallâj, quand il y a quelques années, je rendis visite au cénotaphe, son compagnon d'éternité et son frère d'infini, en quelque sorte, était un minuscule vieillard, arbuste gravement rabougri, l'oeil blanc de cécité, et qui, quand il avait rendez-vous avec son Maître, commençait à laver à grandes eaux la pièce, puis, les enfants qui le regardaient faire étant partis, dégageant aussitôt la porte brimbalante pour qu'enfin la lumière entrât dans l'habitacle, il s'installait dans un coin, le dos cassé par l'angle dur,... [Lire la suite]
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mercredi 23 janvier 2013

MON CORPS ET MOI

Ton regard couleur de fleuve Est l'eau docile et qui change Avec le jour qu'elle abreuve. Petit matin, Robe d'ange Un pan du manteau céleste Sous tes cils, entre les rives S'est pris. Coule, coule eau vive. La nuit part, mais l'amour reste Et ma main sent battre un cœur. L'aube a voulu parer nos corps de sa candeur. Fête-Dieu. Le désir matinal a repris nos corps nus Pour sculpter une chair que nous avions cru lasse. Sur les fleuves au loin déjà les bateaux passent. Nos peaux après l'amour ont l'odeur du pain chaud. Si... [Lire la suite]
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mercredi 23 janvier 2013

DE SEUIL EN SEUIL...Extrait

Fais que ton oeil dans la chambre soit une bougie, ton regard une mèche, fais-moi être assez aveugle pour l'allumer. Non. Fais qu'autre chose soit. Avance devant ta maison, harnache ton songe pie, fais parler son sabot à la neige que tu as soufflée du faîtage de mon âme. . . . . . PAUL CELAN . . . . .  
mercredi 23 janvier 2013

PETITE MER VERTE

"Petite mer verte de treize ans Que j'aimerais bien adopter Et envoyer dans une école d'Ionie Pour que tu apprennes la mandarine et l'absinthe Petite mer verte de treize ans Et que dans la lanterne verte du phare en plein midi Tu fasses tourner le soleil et entendes Comme le destin se décompose et comme De colline en colline se concertent Encore nos lointains parents Qui tels des statues tiennent le vent Petite mer verte de treize ans Avec ton col blanc et tes rubans Et que par la fenêtre tu pénètres dans Smyrne Et me... [Lire la suite]