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Ce commun des immortels
Que vous persécutez.
Ce commun des immortels que vous emprisonnez.
Ce commun des immortelles
Que vous prostituez.
Ce commun des immortels
Que vous paralysez.
Ce commun des immortels
Que vous méprisez.
Ces communes
Que vous ensanglantez.
Tous ces communs que vous assoiffez,
Ce commun du grand rien
Que vous torturez.
Ce commun de nos immortelles enfances,
Ces communs soudés comme un,
Comme un clavier tonnant
De vocalités vierges.
Ce commun des rues
Que vous torpillez,
Ce commun nu
Comme la beauté.
Ce commun que vous craignez,
Ce commun, cette commune
Qui fleurit à nos pieds.
Ce commun, cette commune que vous tuez.
Ce commun, cette commune
Qui vous font trembler.
Ce comme un, ce comme mille
Que vous encagez, que vous écrasez.
C’est comme un printemps
Qui fleurit dans nos têtes.
C’est comme une chanson
Qui se dit dans nos veines.
C’est comme un firmament
Qui se déplie sur nos ailes.
C’est comme un astre
Qui s’empourpre de nos aquarelles.
C’est comme un poème
Qui se chante dans la rue.
C’est comme une chanson
Qui s’allume dans mon oubli.
C’est comme une montagne qui refleurit
Nos coeurs bouquets,
Loin de vos banquets de guêpiers,
Loin de vos banques de négriers.
C’est comme un bateau
Qui revient en juillet.
C’est comme un poisson
Qui plane au-dessus de nos cerisiers.
 
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MOKHTAR EL AMRAOUI
 
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