Sous l'arbre
dans l'ombre couverte d'héliogrammes,
ce premier mouvement de ton corps
vers moi réécrit les signes du livre
d'avant les livres.

Je te lis nue d'entre les pages,
d'entre les lettres, pour que les mots
me viennent à la bouche
comme une salive.

Je t'apprends plus que je ne te prends
pour te réciter plus tard
dans le silence blanc.

Je ne saurai jamais rien de toi
que ce prélude à tous les chants,
ces poèmes décelés d'un baiser,
cette histoire que trop de lumière effacerait.

J'avance en toi comme dans un bois
sur des sentiers fleuris de mots,
au milieu des ruisseaux aux étoiles cueillies,
sous l'arbre
de l'écriture qui ouvre l'éternité
qu'on ne saurait vivre.

 

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FRANZ BARTELT

 

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NUE