Çà pleut d’engelures
Sur les doigts des enfants
Des veuves des libérateurs
Comme elles pleurent dans leurs taudis
Leurs sacrifiés bouffés aussi
Par l’ortie dans le carré froid des martyrs

Le Président a chaud dans son palais
Il ordonne de diminuer le chauffage

Çà vente d’air dans les panses
Des prolétaires trop maigres
Par trop se serrer la ceinture
Comme ils se servent au compte mie
Les miettes d'un pain trop noir
Sur le résidu négatif d’une paie aléatoire

Le président se met à table
Il bouffe des yeux repu avant terme



Et çà fait de longs et fétides rôts
Le Président se frotte la bedaine
Il remercie Allah pour le festin en pétant

La rue surchauffe en grondant
Elle compte déjà ses prochains martyrs


Barek ABAS 

Béjaia, le 27 Février 2013.

 

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