(A tous les laissés-pour-compte du monde entier)

 

Ils maigrissent en jaunissant 
Dans les rôts de ta suralimentation 
Les yeux de la faim 

Ils flétrissent en s’évaporant 
Dans les clapotis de tes piscines 
Les yeux de la soif 

Ils rougissent ensanglantés 
Dans la chaleur de ton nucléaire 
Les yeux du froid 

Ils meurent sans molécules 
Dans ta pharmacologie cupide 
Les yeux du sida 

Ils gouttent de la sueur 
Dans tes firmes délocalisées 
Les yeux de l’esclavage 

Ils se figent terrorisés 
Dans les bruits de tes super-armes 
Les yeux de la guerre 

Ils hoquettent en silence 
Dans tes nuits de souillure de chair 
Les yeux du viol 

Ils miroitent d’illusion 
Dans les mirages de ton amérique 
Les yeux des « harragas »

Ils ne pleurent plus 
Ni de rêves d’enfant ni de rien 
Les yeux des déshérités 

Mais t’accusent de ce regard 
Qui pourrait être le tien demain 
Les yeux de ta bonne conscience 

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BAREK ABAS 

Béjaia, le 27 Novembre 2011.

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