Seuls subsistent

ces nœuds de parole sur la langue

pour te rappeler

le goût d’oiseau déchiré de l’enfance.

 

Seuls te sont concédés

un reste de pays suspendu à l’azur

par un fil de neige

et l’adieu des mouchoirs

au bord de l’infini.

 

Tu lèves le bras et saisis la ville

tes mains ouvrent la fente

par où surgit la mort.

Tu hèles le troupeau ingénu des images

avant de renverser le soleil sur ton tablier :

il reste à même la peau

des cicatrices de mûres

et d’oranges amères.

 

Tu t’en iras plus tard

avec quelques poignées de mains

pour tout viatique.

 

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NOHAD SALAMEH

 

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ZAO 1


Oeuvre Zao Wou-Ki