Ce qui ne nous tue pas

Nous rend plus fort

A dit Friedrich Nietzsche

Ce qui se cache

Sous la maladie

N’est que l’advenir de la santé

Ce savoir-vivre

Qui est au-delà

De toute souffrance

Car au-delà de toute souffrance

Car au-delà de toute représentation

De la souffrance

Ça le détient

Je peux faire de presque tout

Une métaphore

À commencer par l’idée que je me fais du monde

Dans les choses lointaines

Comme l’est le cosmos

Dans les choses proches

Comme l’est tout ce qui m’entoure

Mais la métaphore

N’est pas le réel

Pour la simple raison que le réel

Dès qu'on le nomme devient tout autre que le réel

Une fuite vers on ne peut pas

Savoir

De quoi elle est faite

Si elle s’en va par derrière

Ou par devant

Conforme à la mémoire acquise

Ou la refusant

Pour que tout se fasse vacillant

Rendant malade le corps et l’esprit

Peut-être pour les forcer malgré eux

À la guérison

Mais la guérison

Est-ce vraiment ce qu'il y a de vivant

En soi et hors de soi

Que signifie être vivant

Quand la mort

Est la finalité de tout

Ce qui naît et vit

Peu importe la durée

Entre ce qui de soi est naissance

Et ce qui de soi est décimation

Absolue

Y a-t-il vraiment une individualité

Donc une liberté

Ou l’individualité n’est-elle

Qu’une composante

Presque indifférenciable

De ce qu’on appelle

L’espèce humaine

Ce corps social

Cet ensemble qui seul compte

Quand on pense à ces choses

Lointaines

Dont le cosmos est le porteur

Le maître absolu

Hasard ou détermination

Anarchie ou machine totalitaire

Qui dépaille toute pensée

Des métaphores qu’on aime imaginer

Parce que la peur

Est la marque de tout être vivant

Peur du vouloir-vivre

Et peur du devoir-mourir

N’être que ce petit grain de sable

Parmi des centaines de milliards d’étoiles

Elles—mêmes grains de sable

Au centre

Et à la périphérie

De centaines de milliards de galaxies

Qu'est-ce donc que l’humanité

Dans cette surabondance

Une toute petite

Et insignifiante maladie

 

Inguérissable

Puisqu’assujettie à un cosmos

Qui n’a pas besoin de penser

Parce que sa surabondance

N’est qu’une formidable dépense

Irraisonnable

Le fond des choses

Un rêve ?

 

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VICTOR LEVY- BAULIEU

 

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DELPHINE CHAUVET2

Oeuvre Delphine Chauvet

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