On pourrait comprendre l’éternité.
     Nous jetons la graine dans les champs ;
     Mais qu’elle pousse,
     Cela dépasse nos forces.

     C’est cela qui pour nous est si incompréhensible :
     La puissante vie,
     Dans laquelle tout pénètre,
     Tout meurt,
     Dans laquelle un jour pour de bon nous retournons,
     Quand l’air passe sur nos tombes
     À travers les vertes haies vives. –

     Et pourtant : c’est comme si parfois on pouvait comprendre l’éternité,
     La saisir avec son cœur :                             
     Quand dehors dans les jardins on entend le bruissement secret.


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NATHAN KATZ

Traduction Eugène Guillevic

 

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ETERNITE