Dès les premiers instants la vie se confronte à la vie,
les pulsations du monde donnent le rythme au cœur,
le jour et la nuit se succèdent dans un regard
qui n’est pas encore limité par le contour des choses ;
dès les premiers instants la sensation de vivre
se fait par les cris les sommeils et les autres vertiges
et l’air dans les poumons est une bulle de soleil
qui réchauffe l’éternité néante d’où l’on vient.
L’enfance est une emprise du réel sur l’instant
nous disent le nuage qui éclate en pluie
et le chat qui bondit sur le miroir qui le guette.
Carpe diem : tout se trouve là où tu es
dans une prégnance immédiate, fusionnelle.
Toutes les portes s’ouvrent quand tu avances,
quand tes yeux deviennent clefs dans les serrures,
tout se libère en toi.
L’enfant, tu le portes depuis l’enfance
jusqu’à cette vieillesse qui est un autre pli.
C’est ainsi que les jouets sont jeux puis séductions puis théâtre de la vie,
que la grimace devient masque et le fou rire sagesse dans sa folie.
Rien ne se perd de ce que glane l’enfance
surtout ce qui paraît avoir disparu
à l’angle du regard, au coin d’une rue,
dans les profondeurs sinueuses de la mémoire.
Rien ne s’obscurcit vraiment même dans le noir.
Et le jeu demeure en toi l’identité possible
du bouffon, du clown conscient de l’état du monde.
Rien ne s’obscurcit sur le visage vieilli
pas même ce qui s’insinue dans les creux et les rides.

 

.

 

DANIEL LEDUC

 

.

 

salvador-dali-drei-

Oeuvre Salvador Dali  " Les trois âges "