Je rends grâce au temps perdu, le nez au vent,
aux rêveries qui finiront bien par faire un jour le monde meilleur,
aux jours chômés, aux heures de grève et à la moindre seconde volée au chapelet de nos pointeuses.
A ces instants qui ont creusé nos puits
et que l’on dit enfuis quand ils ne cessent de nous poursuivre.
A tes épaules légères qui n’avaient qu’à frissonner dans l’air du soir pour que nous existions.
Je rends grâce à toute parenthèse,
au temps retrouvé, le nez au vent, dans une odeur de foin coupé et de vacances,
à la madeleine de Proust comme aux cours mal pavées,
aux anfractuosités des jours où l’écume se recueille et sédimente.

 

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MICHEL BAGLIN

 

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BAGLIN