A Emmila Gitana

Ne pars pas sans avoir cherché,
sans avoir donné prise à ta faim
du monde en sa terre d'ocre
et ses hommes, ses femmes,
ses noms de frêles créatures
se confondant avec les herbes,
avec le sable...

Ecoute la vague en toi,
ce mouvement frémissant
chaque fois que l'or du monde
réchauffe ton âme blessée
par les coups et les nuits
et les cris lancés dans le silence
des esseulés ou des indifférents...

Aime, malgré l'inconnu des rencontres
et de ce qu'il y a par delà l'extrême horizon,
aime d'un coeur simple le soleil, un sourire
et la vie, ses larmes, ses joies,
et dans l'océan de tes doutes
ce point de certitude à nul autre semblable,
impossible à comprendre, à sertir de mots et de chants,
mais par lequel ta marche se poursuit...

 


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BERNARD PERROY

 

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sahara 1