Les révolutions ont une peau de bébé 

un appétit d'ogre

Elles avancent

et laissent dans leur sillage des hoquets de sang

Tant de lumière!

Chaque geste a un air d'idéal

"Comme je me sens meilleure…"

Epaulées par les bras experts de vieux pays

elles oscillent entre fraîcheur et cruauté

et enjambent dans la joie

des gouffres à leurs pieds

 

Les révolutions meurent jeunes

Nées déjà adolescentes

elles sourient à de vieux maquereaux 

qui guettent leurs frayeurs 

 

Puis l'ogre l'emporte

elles deviennent corps de dictature

 

Leur peau se couvre de fer

Des guides indiquent soudain Devant

là où, avant, il n'y avait que l'horizon

 

Mais chantons la joie des naissances !

La liberté qui bourgeonne sur l'acier !

 

Le temps est aux promesses, oh oui 

même si dans l'ombre des rires 

veillent d'anciens démons

si familiers

que nous ne voyons pas leurs mains qui déjà nous enserrent

 

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LEILA ZHOUR

 

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revolution_wallpaper___by_jeevay