Qui pourra étaler la tempête, survivre à ses violences ?
Les plus vieux chênes jusqu’au cœur ont volé en éclats ;
les genévriers flexibles se courbent en arceaux où passe le vent.
Toute la balle s’est envolée de ces régions,
le temps est venu pour le grain durci
d’être semé entre les rochers et les dunes,
mais le blé ne germe pas dans ce sable entassé.
La forêt a donné abri à tes frères.
Tes sœurs se sont cachées dans le sein de la mer.
Toi-même tu tangues sur cette île-refuge
et plein d’angoisse observes l’autre rive :
d’énormes falaises ébranlées ont plongé dans la mer,
les archipels se multiplient, les bancs de sable se ramifient,
pourtant la mer jamais ne se fend vers la Terre Promise.
Quand tout semble brisé et soufflé par le vent,
la tempête ne peut refuser cet unique et dernier cadeau
de l’abîme : les soleils fracassés de l’ambre se lèvent
dispersés sur les baies battues par le vent,
talismans de calme et d’été
pour réchauffer ta paume
quand tu vas par le monde
vers ta maison dans le vent.
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IVAR  IVASK

 

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AJ