Un aïoli, ou une aïoli.....Le débat est lancé, et la partie aussi. Les mots jetés à  qui voudra les entendre, appellent d'autres mots et trés vite une joyeuse cacophonie s'installe. Champagne à l'apéritif,
on est assuré que la suite sera pétillante. Une table dressée avec goût, de jolis plats garnis de légumes variés, le poisson n'est pas loin de quelques jolies crevettes roses ... et l'Aïoli se présente  .... chacun veut convaincre l'autre, doit on dire " un aïoli " ou " une aïoli " ? On se range du côté de celui qui a raison, on choisit, pas plus convaincu : va pour un aioli !!! Encore une coupe et on rentre dans les premiers délires. Une rumeur enfle autour des haricots , ils sont beaux, ils sont bons, ils sont trés fins, mais on sent qu'ils ont quelque chose à se reprocher.  Faut il en parler ? D'un côté on hésite doucement, de l'autre,  on voudrait savoir. Finalement entre une  carotte, un petit bouquet de chou fleur, un petit coeur d'artichaut  et une bouchée de morue, on  balance ... Ils sont trés onéreux ! Ce n'est pas qu'on regrette mais il faut le dire, entre nous, c'est trop cher... et de dévier sur le temps ou l'on pouvait se repaître de bons produits de la campagne, de regretter le temps passé où tout était bien mieux qu'aujourd hui, évidemment... Ne parlons pas des jeans déchirés de nos jeunes vendus à des prix fous, et patati et patata, chacun y va de la sienne... Sans transition , on passe à la consistance de l'aïoli... Deux magnifiques mortiers en marbre remplis de cette merveille odorante, couleur du soleil, n'attendent qu'à être délestés de leur contenu pour satisfaire pleinement les papilles. Un  bémol ! La texture est un peu plus molle dans un mortier que dans l'autre, ici on met en cause la chaleur, là on cherche une autre raison, on accuse le " faiseur de l'aïoli discutable ", de l'avoir un peu raté. Un tantinet vexé et avec une mauvaise foi légendaire, il se défend à voix haute et s'en sert une bonne grosse dose, prouvant ainsi que les attaques extèrieures ne l'atteignent pas. On se taquine et le rire est de mise... Pendant ce temps, on se régale de toute cette Provence qui chante grâce à cet aïoli un peu ramolli, certes, mais délicieux, et à un bon vin choisi . Celui là préfèrera un blanc, l'autre un bon rosé.  Et la polémique autour de ce nectar de la  vigne est entamée. Au passage, un couple en profite pour "s'engueuler" un peu, et par ricochets, un autre saute sur l'occasion pour en faire autant. On reprend quelques légumes, surtout de ces haricots verts onéreux ( que l'on ne regarde plus de la même manière), deux bulots, et du fameux  " aïoli ramolli "  qui vient parachever le chef d'oeuvre culinaire. Les prochains repas entre nous sont déjà évoqués, autour d'une autre table, une même ambiance nous fera oublier les misères du monde, seul le nôtre sera le meilleur.
Le plateau de fromages, une bonne excuse pour boire encore un bon verre de vin, et on passe aux desserts " faits maison ", un bon-point pour les oreillettes, les glaces... Ah ! la glace aux pêches de vignes, un vrai régal ! Sauf quand elle vous passe sous le nez parce qu'un autre l'a choisie avant vous; sans oublier les délicieux canistrellis confectionnés à la sueur d'un front impitoyable. Des félicitations s'imposent pour les Maitres des lieux et c'est dans la bonne humeur que le repas s'achève après un café qui pourrait entraîner un pousse-café... Mais il ne faut pas exagérer et chez nous on exagère naturellement et volontiers... 

Au fait... UN AÏOLI ou UNE AÏOLI ?  

 

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JOSIANE

  13 Aout 2013   aux Cigales

 

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