Il y a des poèmes écrits parce qu'on aime
mais que sert-il d'écrire ce que la lumière du jour grave
ce que la nuit enfle
ou le jour
et l'heure le temps
quand un rien au fond d'une fleur ouvre la porte du sang
et du temps
à la circonférence d'un mystère
comme une foi ancienne qui revient arpenter les présages

On prend tout par amour
on ne cède rien
comme on refuse de cueillir l'orchidée sauvage sous les feuilles brassées des vents
incultes
ne pas casser la tige de l'incroyable
et croire encore à sa nature

A quoi reviendrait-il d'encrer ce qui ne s'ancre d'aucun souffle
et ne fuit qu'au revers des manques
ce qui se comble de combler

Avez-vous vu cette cage
l'abolition des rêves en soi
et la porte ouverte sur les doigts qui refont les balises
le tarmac est dehors et c'est dedans qu'on s'envole

Faut-il décrire comme on pose une main sur l'épaule de l'in-doute
dans les alter-valises offertes des guerres passées
et des tombes jamais fermées
sous l'incompréhension brumeuse
quand se lève le brouillard sur les étangs sombres et les larmes éternelles
faut-il écrire les paumes vers le ciel ce que l’essence de l’amour descelle
l’entièreté du voyage et le monde où l’on s’abreuve

Peut-on faire un poème quand la ligne d'horizon plonge
dans le rouge au sens à être
les partages incandescents et l’éternité faisant rivage

quand au loin résonne un arpège et que c’est en soi que les notes s’enroulent comme
des lianes fécondes

 

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MARIE HURTREL

 


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MARIE