L'éternité s'en allait et venait
Dans la voix miraculeuse du soir
Et ses nuées d'hortensias

Mes mains sous la lueur du lieu
S'accrochaient à cette lampe des mots.
Si je savais retrouver mon enfance
La blouse ensoleillée de l'écolier
À la rampe des rêves
Regardant les nuages
Au-dessus des champs d'orges et d'avoines
Je reverrais sous mes doigts inspirés
L'espace d'un visage

Les yeux de son amour
Réjouir l'ombre de ce corridor.
Le parfum des lilas s'épanche
Un rien tend vers la douceur du regard
Qui donne joie à chaque instant
Désire sauver l'existence
Aux pensées d'herbes folles
Tout au long des chemins de ma partance
Encor auréolés de leur secret.
Ce soir je viens lire les heures
Immobiles dans l'élan des couleurs
À la patiente orée du silence

J'accroche au pied du lit
De cette chambre aux murs chaulés
Le sarrau qu'une mère avait taillé
Lorsque j'écoutais prier les oiseaux.

 

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JEAN-PIERRE BOULIC

 

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Oeuvre Rinat Animaev