" De ces lettres s’envolent des oiseaux étincelants. L’inconnue apparaît comme une aube en plein jour, soleil rival du soleil, et fait irruption parmi les blancs et les noirs du poème. Elle crie dans la forêt de mon étonnement. Elle se pose sur ma poitrine avec la douceur inexorable de la lumière qui appuie le front sur une pierre abandonnée. Elle déploie ses ailes et chante. Sa bouche est un pigeonnier d’où jaillissent des mots insensés, sources étonnées de sourdre, blancheurs abasourdies d’être. Alors, elle disparaît. Innocence entrevue qui chantes sur le pont quand je suis le fleuve qui s’enfuit dans l’ombre : à quels fruits picores-tu là-haut ? Dans quelles branches de quel arbre chantes-tu le chant de la cime ? "

 

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OCTAVIO PAZ

 

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ombra