En souvenir de moi
Laissez votre fenêtre ouverte
Il se peut que je revienne
Porté par la pluie traversière
Dans l’amitié des nuages
En oubliant les échardes de la vie d’avant
Et votre si incertaine tendresse
On ne sait la patience du vent
Qui vous tient la main
Et notre poids d’oubli
Et puis là-bas je n’attends plus la musique

 

En souvenir de moi
Laissez cette hirondelle sur les fils des jours
Elle n’ira pas plus loin
Et les jours raccourcissent
vous souvenez – vous de mon front plein de brumes
il ne voulait que vos genoux
par la porte du fond j’ai glissé
je pourrais revenir dans les trous des larmes

 

En souvenir de moi
Ne cueillez plus les coquelicots
J’en fais partie dorénavant
Au chant des acacias
Mes lèvres modulent leurs feuilles

 

Et puis là-bas j’ai trop froid de vous
La nuit n’est plus la nuit
Sans vous

 

Souvenez-vous de moi
en souvenir de moi
Comme odeur de terre après orage
Feuille morte tremblante juste avant le sol
Herbe folle dans vos têtes

 

En souvenir de moi
Restez ouverts
Je reviendrai peut-être

 

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GIL PRESSNITZER

 

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