La vie, la mort, l’une et l’autre, sont la même chose. On parle aux vivants, on dialogue avec les morts. — Refuse ce qui contraint, dis non quand on t’impose. Quand on aime son destin, — on est mille fois plus fort.

 

 Or un souffle noctambule balaye la prairie. — L’espace-temps d’un instant, le temps s’immobilise. — Des ombres errantes viennent s’arracher à la nuit. — Ma main brûlée caresse les herbes douces de la frise.

 

 J’écoute s’égoutter tout le bruit du temps qui passe. Puis les images volantes nous emportent dans les flots. Le devenir seul sait où nous allons. — Nous dicte. — Abandonnés. — Légers. — Bouchons dansant selon.

 

 De cris étouffés. — Le ciel bruisse. — De pleurs. Noyés. — Partout je t’ai cherché. — Toi, ange blessé. — Présence ! — Partout je n’ai croisé que tes silences heurtés. — Partout j’ai rencontré ta redoutée absence.

 

Et j’entends la nature qui avant l’aube frissonne. Mon œil glisse et vibre. — Tout au long du relief. — Mais dites, pour qui donc cette heure glacée qui vous sonne ? Sur mon corps je sens venir ton corps. — Splendide nef.

 

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SERGE VENTURINI

 

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SERGE

 Oeuvre Yamina Alaoui, Marco Guerra