Des paysages ont grandi au levain de la mémoire.
Collines chemins blancs pigeonniers que ronge l’acide du rêve éclairés par l’affairement des envols subreptifs
Les mains paysannes y ont taillé des pieux pénétrés d’hiver pour les clôtures que flaire une odeur de mort le long des herbages

Ailleurs, des oiseaux aux formes d’étoiles, comblés de la mesure d’infini dispensée aux terres marines
Où les jours plus longs que les nuits font trembler les pins au-dessus des tombes
Mais l’encre s’efface du reflet d’or que le regard n’a plus

Partout les rumeurs descendent en créant des goulets d’odeurs
Les soirs où l’air n’est pas défait du végétal et les faïences cassent dans le temps qui finit
L’œil écoute monter l’espace
Tandis que sur le sol maintenant minuscule le corps a pris la dimension des paysages où il s’abîme

 

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ANNIE SALAGER

 

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ALAIN JACQUOT - BOILEAU2

Photographie Alain Jacquot-Boileau