(…)

Quel est ton nom ?
je suis l’usure
des corps des pierres de l’ombre
même de l’ombre
je suis l’auxiliaire de la beauté
vous me saluez parfois
si vite
la tête vous tournerait peut-être ?
j’active la poussée des feuillages
vous ne dominez plus vos arbres
eux aussi vous oublient
je suis cette bouffée de tendresse
dans les corps la brume des regards
qu’ils reposent en paix !
les voix se perdent dans l’espace
accostent à la rive comblée de gravats
là le festin se déroule
c’est toujours autour d’une table
que l’attente se fait mortelle
gravée dans la pierre

C’est moi dit l’usure
qui émonde les gestes
j’aurais trop peur des vivants

(…)

 

.

 

PIERRE-ALBERT  JOURDAN

 

.

USURE